La revalorisation de matière, d'un tissu oublié à une pièce unique
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un tissu oublié dans un stock, une fin de rouleau qu'aucune marque n'a voulu terminer, une chute trop petite pour un patron classique — c'est souvent là que commence une pièce tina the label. la revalorisation de matière, c'est ce moment où on regarde quelque chose que tout le monde a mis de côté et où on se demande : qu'est-ce que ça peut devenir ?
ce travail commence bien avant la couture. il faut d'abord identifier ce qui peut être sauvé — un lainage qui a gardé sa tenue, un coton qui n'a pas jauni, un vichy dont les couleurs n'ont pas terni. certaines matières ne demandent qu'à être nettoyées et repassées pour retrouver une seconde jeunesse. d'autres ont besoin d'être recoupées, réassemblées, pensées différemment pour cacher une tache ou une usure.
revaloriser, ce n'est pas seulement une question écologique, même si c'est la première raison qui nous pousse à le faire. c'est aussi une question de regard. une matière qu'on aurait jetée devient, une fois retravaillée, l'élément central d'une pièce qu'on n'aurait jamais imaginée en partant d'un tissu neuf. les contraintes de la matière récupérée obligent à sortir des patrons habituels, à inventer des coupes qui s'adaptent à ce qu'on a, plutôt qu'à ce qu'on voudrait avoir.
chez tina the label, cette logique infuse toute la collection. les gros boutons qu'on pose en évidence, les empiècements qui cassent la continuité d'un tissu, les doublures rayées qui dépassent volontairement d'un ourlet — ce ne sont pas des choix uniquement esthétiques, ce sont souvent des solutions trouvées pour faire tenir ensemble des morceaux de matière qui n'étaient pas censés se rencontrer.
à la fin, ce qu'on obtient c'est une pièce qui n'aurait pas pu exister autrement. pas une copie d'un vêtement déjà vu ailleurs, mais quelque chose qui porte les traces de son parcours — de la matière oubliée jusqu'à la pièce qu'on a envie de garder longtemps.